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La traversée des Monts Groulx

La traversée des Monts Uapishka fut pour moi une première expérience de longue randonnée en autonomie complète et sans sentier. Excepté les sentiers d’arrivée et de sortie, le reste de la traversée se fait sans aucun tracé, ce qui est une belle liberté doublé d’un défi d’orientation.

Nous avons choisi d’effectuer la traversée en 7 jours pour profiter le plus possible du territoire tout en ayant un poids raisonnable à porter en termes de nourriture. Cela nous a vraiment donné du temps pour admirer les paysages, cueillir des petits fruits, trouver les campements idéaux et prendre notre temps. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’être dans un environnement aussi extraordinaire!

Jour 1 – Sentier Jauffret
11 septembre 2023

On commence notre ascension par l’accès Nord dans le sentier Jauffret, qui fait 8 kilomètres. Il est accessible depuis le km 365. Il a un fort dénivelé, mais l’entrainement des dernières semaines porte fruit et le sentier est plutôt facile à suivre. On réussit à garder les pieds au sec pendant la première partie, mais à un certain moment, c’est inévitable on doit se mouiller les pieds. Qu’à cela ne tienne, ils seront mouillés pendant toute la traversée. 

J’ai le sac le moins lourd du groupe, mais je sens quand même une partie du poid sur mes épaules. Je suis bien contente de penser qu’il va diminuer au fur et à mesure qu’on va manger. 

Arrivée sur un premier plateau, la végétation est impressionnante, les lichens, les mousses, les bouleaux nains. Nous sommes accueillis par deux beaux mésangeais. Le moment est tout indiqué pour une pause et contempler notre première réussite. 

On se régale aussi de petits fruits : pimbina, canneberge, bleuet, camarine, raisins d’ours, petit thé. Les chicoutés ont gelées et on n’en trouvera qu’une seule vraiment bonne pendant toute la traversée. 

On avance tranquillement dans une coulée à la place de monter sur les plateaux et on découvre la difficulté de marcher dans les fougères et les bouleaux nains. Pas mal plus difficile d’avancer là-dedans que sur les plateaux rocheux. 

À la fin de la journée, on installe la tente au bas d’une montagne, près d’un ruisseau. Ça nous prend beaucoup trop de temps pour monter la tente, l’endroit n’est pas idéal et manque un peu de place pour deux tente. Le soir venu je réalise qu’il y a une grosse bosse dans mon dos. Je me coince contre la parois de la tente et j’arrive à bien dormir malgré tout. 

La bonne nouvelle, c’est que Bonnie va pouvoir dormir dans la tente avec nous, c’est vraiment plus facile de la gérer. Contrairement à lorsqu’on fait des sentiers qui peuvent devenir plein de boue et salir ses pattes et son ventre, la mousse la laisse propre. Il ne suffit que de la faire sécher le soir.

Jour 2 – Ruisseau jusqu’au lac Magique
12 septembre 2023

Départ à 10h15 pour rando! Les paysages me font penser à des photos de l’Écosse. Je me sens vraiment dépaysée par les couleurs, l’absence d’arbre, les vallée. Les montées sont difficiles, mes jambes brûles, mais mine de rien on avance bien. On surnomme un sommet le mont tortue, à cause d’une roche qui pourrait ressembler à cet animal. C’est de la paréidolie, une façon pour notre cerveau d’organiser son environnement en établissant des liens avec des éléments connus. 

On croise le chemin d’un groupe de 6 lagopèdes, ils sont vraiment beaux. 

Je suis vraiment contente, les pieds mouillés se gèrent très bien jusqu’à maintenant. Je me rends compte que c’est beaucoup dans le mental. Est-ce que je trouverais ça fatiguant d’avoir les pieds mouillés dans un sport nautique, comme le surf? 

On a trouvé un beau spot pour installer notre campement ce soir. Il y a déjà des gens qui ont campé ici, ont voit les traces d’un ancien feu.